Clémentine Lemaître

Dialogue entre Maîtres Histoire de l’art et Maître Idiot-savant de David Hare / Clémentine Lemaître / Clermont Ferrand

Cette lecture met en scène deux personnages lors d’une interview. Il est question de l’effervescence de l’art américain dans les années 50 et de l’influence des artistes européens, Masson, Ernst, Hellion sur ceux-ci. Mais l’interviewé détourne sans cesse le sujet et aborde peu à peu le problème des contraintes imposées par le marché de l’art et le poids des institutions. Comment ces dernières cristallisent l’art, fixent l’histoire des “Grands” et excluent les autres, les oubliés. Son discours radical aborde la nécessité d’un art underground, sans subvention et résolument libre. Ce texte, écrit en 1975, est d’une inquiétante actualitée… en le partageant dans l’espace de la Semencerie, il entrerait dans une certaine résonance, et pour une fois, la force de son sens ne serait pas trahit. Le dispositif est simple, assise à une table, je lis le texte. La voix du journaliste est enregistrée sur un cd, je lui réponds face au public, comme un dialogue où l’interviewer serait invisible. Cette pièce a été jouée une fois lors de la soirée de performance intitulée Persistance rétinienne.

Clémentine Lemaître - INACT 2011

Clémentine Lemaître – INACT 2011

 

Les treize dernières minutes de Fernando Pessoa / Clémentine Lemaître

Cette pièce qui mêle théâtre et vidéo est adaptée du roman d’Antonio Tabucchi Les trois derniers jours de Fernando Pessoa, un délire. Le poète portugais y est agonisant dans son lit d’hôpital. Un à un, ses «  hétéronymes », personnages imaginaires auteurs de ses poésies, viennent à son chevet pour un dernier adieux. Pessoa les accueillent, mais la visite d’un dernier hétéronyme, le seul qu’il ait négligé, le met mal à l’aise. Antonio Mora s’inquiète de la paternité de son livre, Le retour des dieux. Il craint que Pessoa rende son dernier souffle avant la publication. Mora disparaitrait alors avec Pessoa, sans être reconnu comme l’auteur du livre. Un dialogue/monologue s’engage entre les deux hommes mais le compte à rebours a déjà commencé. Il s’agit bien de deux hommes unis par un même corps, le mien, mais en deux espaces, l’un immatériel en vidéo, l’autre réel dans son lit d’hôpital. Cette mise en scène hybride, entre théâtre et vidéo, me semble cerner l’ambiguité.et la richesse du personnage-auteur de l’une des oeuvres poétiques de Fernando Pessoa. Le public se trouve au chevet du malade, intégré à l’espace scénique. L’écran de projection trapézoïdal qui clôture l’espace permet des jeux de gros-plan, de déformations de l’image et porte à son paroxysme la tension dramatique.